À Baud, la « ville intelligente » ne ressemble pas à un décor de science-fiction : elle se voit dans les places de stationnement qui tournent mieux, les lampadaires qu’on allume à la demande et les panneaux solaires installés au stade. Dans cette commune du Morbihan, l’innovation numérique et les économies d’énergie avancent sur le même chemin : celui de services plus pratiques et d’un développement durable ancré dans le quotidien.
Baud, une ville intelligente à hauteur d’habitant
Accompagnée et en partie financée par Morbihan Énergies, Baud a choisi des outils concrets plutôt qu’une technologie pour la vitrine. Des panneaux indiquent les places disponibles dans les parkings, tandis que neuf bornes minutes signalent la durée de stationnement autorisée grâce à un code couleur.
Avant leur installation, des voitures occupaient parfois les places du centre toute la journée. Désormais, les automobilistes qui restent longtemps peuvent se garer un peu plus loin et rejoindre les commerces à pied : un petit changement d’habitude qui favorise aussi la mobilité durable.

Des données utiles, pas des gadgets
La transition numérique se traduit aussi par 17 caméras de vidéoprotection, qui ont déjà aidé à résoudre plusieurs incidents signalés dans la commune. Leur présence rappelle qu’une ville intelligente doit associer efficacité et règles claires : l’accès aux images et leur conservation doivent rester encadrés.
Ces dispositifs illustrent une idée simple : les objets connectés ont de la valeur quand ils répondent à un besoin précis. Ici, l’information sur le stationnement réduit les tours de quartier, tandis que les équipements de surveillance contribuent à la tranquillité publique. La technologie est utile lorsqu’elle se fait presque oublier.
Énergies renouvelables : le stade du Scaouët produit sur place
Le volet énergétique de cette ville intelligente est tout aussi tangible. Mis en service en avril, les panneaux photovoltaïques installés sur la tribune du stade du Scaouët avaient déjà produit 20 000 kWh au moment du bilan publié en octobre 2026. L’électricité générée alimente le complexe sportif et les salles des fêtes, avec une baisse de facture déjà constatée par la municipalité.
Le solaire photovoltaïque transforme la lumière en courant grâce à des cellules semi-conductrices ; des onduleurs adaptent ensuite ce courant aux équipements du bâtiment. À Baud, cette production locale ne supprime pas le recours au réseau, mais elle en réduit la part nécessaire quand les installations produisent. Pour mieux comprendre les pistes disponibles, voici un panorama des méthodes de production renouvelable.
Des bâtiments pilotés pour éviter le gaspillage
Produire une énergie renouvelable est une étape ; éviter de la gaspiller en est une autre. Le pilotage des bâtiments municipaux, notamment de l’école Françoise-Dolto, permet d’ajuster les consommations aux besoins réels plutôt que de chauffer ou d’éclairer des locaux inoccupés.
À la station d’épuration, des batteries de stockage contribuent à mieux gérer l’électricité nécessaire au fonctionnement des équipements, dont la consommation représente environ 5 000 euros. Le stockage permet de conserver l’énergie disponible pour la mobiliser au bon moment ; il ne crée pas d’électricité, mais peut améliorer l’autoconsommation et limiter les appels au réseau.

Éclairage à la demande et économies d’électricité à Baud
Sur le parking, un QR code et l’application Mon Village permettent aux habitants ou aux associations d’allumer les lampadaires le temps de rejoindre leur véhicule. Plutôt que de laisser l’éclairage fonctionner à pleine puissance toute la nuit, la commune l’active quand il sert réellement : une économie d’énergie très concrète, sans renoncer au confort.
Ce type de commande repose sur des équipements communicants et un système de pilotage à distance. Il montre comment les services publics numériques peuvent faciliter la vie locale tout en réduisant la demande électrique. Moins d’heures d’éclairage inutiles, c’est aussi moins de dépenses de fonctionnement et une pression moindre sur les ressources.
Moins de fossiles, sans confondre production et sobriété
Le solaire n’est qu’une pièce du puzzle. L’éolien convertit la force du vent en électricité, l’hydraulique exploite le mouvement de l’eau, tandis que la géothermie et le solaire thermique peuvent fournir de la chaleur. La biomasse, utilisée avec une gestion durable des ressources, peut également remplacer certains combustibles fossiles pour le chauffage.
Ces solutions réduisent les émissions liées au charbon, au pétrole et au gaz, mais elles ne dispensent pas d’économiser l’énergie. Les panneaux de Baud produisent du courant : ils ne rendent pas la commune moins dépendante de l’électricité en tant que telle, mais peuvent réduire sa dépendance à l’électricité achetée et issue de sources fossiles. Le stockage, l’isolation et le pilotage des usages complètent cette bascule ; les alternatives aux énergies fossiles fonctionnent d’autant mieux qu’elles s’accompagnent de sobriété.
À plus grande échelle, la valorisation de l’eau et des eaux usées ouvre aussi des pistes pour récupérer de la chaleur ou produire de l’énergie, selon les équipements disponibles et les caractéristiques locales. Des exemples de récupération énergétique à partir des eaux usées montrent que les infrastructures habituellement considérées comme de simples postes de dépense peuvent parfois devenir des ressources. À Baud, le fil conducteur reste le même : produire mieux, consommer moins et choisir la technologie qui rend vraiment service.
Passionné d’autonomie énergétique, j’ai 43 ans et je mets mes connaissances au service de ceux qui souhaitent vivre de manière plus indépendante et durable. Mon objectif est de partager des conseils, des ressources et des innovations pour favoriser une transition énergétique responsable.


