Le World Energy Outlook 2025 de l’AIE : pourquoi la capture, utilisation et stockage du carbone (CCUS) reste en retrait
Le rapport annuel du World Energy Outlook 2025 de l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE) révèle une tendance frappante : malgré les promesses d’antan, la technologie CCUS se voit reléguée à un rôle presque anecdotique dans la transition énergétique. Alors que le monde se passionne pour les innovations bas carbone, le captage, stockage et utilisation du carbone n’arrive qu’à couvrir 4,9% de la réduction totale des émissions carbone d’ici 2050 dans le scénario Net Zero Emissions (NZE) de l’AIE.
Une vraie surprise pour ceux qui, il y a quelques années seulement, sacralisaient le stockage carbone comme un levier incontournable pour décarboner les secteurs les plus durs à réduire ! Pourtant, cette technologie reste aujourd’hui trop coûteuse et trop spécifique, incapable de rivaliser avec l’essor foudroyant des énergies renouvelables.

Les vraies stars de la transition énergétique : solaire, éolien, hydraulique
À l’inverse, les énergies alternatives, notamment solaire et éolien, s’imposent comme les fers de lance d’une révolution énergétique sans précédent. En 2025, ces sources captent déjà 73% de la production électrique prévue dans le scénario zéro émission de l’AIE. Impressionnant, non ? D’autant que l’hydraulique et le nucléaire ajoutent chacun leur grain de sel, à hauteur de 9% chacun, dépassant ensemble le cap des 90% de la production électrique mondiale envisagée à terme.
Cette percée n’est pas un simple coup de chance : des pays comme la Chine ont prouvé que le déploiement intensif des technologies renouvelables peut se faire à grande échelle, rapide, et avec des coûts défiant toute concurrence. En 2025, la Chine a posé plus de 342 GW de panneaux solaires, soit 950 MW par jour ! Pour mettre les choses en perspective : c’est comme si l’on posait la capacité énergétique d’une grande ville chaque jour. Et ce n’est pas juste une histoire de géants. Le Pakistan montre aussi que l’essor de l’énergie solaire décentralisée est possible même dans des économies moins développées, avec une chute de la demande électrique traditionnelle de 12% en deux ans grâce à l’auto-installation de panneaux solaires par des particuliers. Voilà qui illustre la puissance démocratique des renouvelables, loin des usines centrales et des technologies complexes.
Énergie propre et économie : du pragmatisme dans le choix des technologies bas carbone
Sur le plan économique, difficile de faire plus éclairant : les coûts en pleine chute des technologies bas carbone – surtout photovoltaïque et éolien – contrastent avec les factures salées du captage carbone. L’installation, le transport et le stockage souterrain du CO2 nécessitent des équipements sur-mesure, dont le coût peut grimper jusqu’à 280 euros par tonne de CO2 capturée, un niveau que les marchés carbones actuels peinent à soutenir durablement.
Le cas européen est le reflet parfait de cette complexité : le système d’échange de quotas d’émission de l’UE a rarement dépassé les 105 euros la tonne, et tourne plus souvent autour de 75 euros – bien insuffisant pour rentabiliser le stockage carbone et encourager les industriels à investir massivement dans cette voie. Résultat, les projets CCUS ont été reportés, voire abandonnés, freinés par des spécificités techniques et des coûts qui tiennent plus du luxe que de la nécessité industrielle.
Limites techniques et économiques du CCUS : pourquoi les renouvelables gagnent la course
Les systèmes de capture du carbone doivent être entièrement adaptés aux caractéristiques précises des émissions qu’ils traitent, toutes industries confondues. Comme une tenue sur mesure, une chair au cas par cas : le CO2 d’une usine d’éthanol ne se capture pas comme celui d’une centrale à charbon. Ce sur-mesure empêche les économies d’échelle et maintient les coûts à des sommets régulièrement mis à mal par l’instabilité des prix des matériaux et de la main-d’œuvre.
Dans le même temps, le progrès technologique dans les renouvelables et le stockage d’électricité a fait chuter les prix à un rythme quasi exponentiel, ouvrant la voie à des solutions accessibles et massivement reproductibles. Leur impact positif sur la consommation électrique et l’économie d’énergie est tangible, changeant la donne pour les consommateurs et les industriels.
Passionné d’autonomie énergétique, j’ai 43 ans et je mets mes connaissances au service de ceux qui souhaitent vivre de manière plus indépendante et durable. Mon objectif est de partager des conseils, des ressources et des innovations pour favoriser une transition énergétique responsable.


